

Les séquences qui réunissent les deux Eric respirent l'euphorie. Le plaisir d'une confrontation amusée entre une idole et son fan vient s'enrichir d'évocations émues de la carrière sportive d'Eric Cantona (via des images d’archives). Ken Loach réussit à extraire de ses scènes la meilleure partie du football, celle qui mêle convivialité, amour du beau geste et goût de l'altruisme. Le caractère unique de la saga Cantona, seul joueur à avoir fait régulièrement chanter la Marseillaise à des supporters anglais, vient irradier l’écran. Le souvenir du King Eric offre également au cinéaste anglais l’occasion de brocarder les profondes mutations qui ont depuis touché le football en général et le club de Manchester United en particulier. Désormais tenu à l’écart du stade en raison du prix rédhibitoire des billets, notre postier éprouve ainsi une douce mélancolie. Sa relation imaginaire avec le footballeur français lui permet de rester en contact avec un âge d’or révolu.

Looking for Eric refuse pourtant de reposer intégralement sur cette exquise situation scénaristique. Rythmé par une haletante reconquête amoureuse et s'appuyant sur une joyeuse troupe d'acteurs, le film emprunte dans sa dernière partie un virage inattendu, celui du thriller social et angoissé. Face à l'inquiétante menace qui pèse sur la famille du héros, Eric Cantona disparaît un long moment. Mais c'est pour mieux réapparaître sous une forme nouvelle, dans un final aussi enthousiasmant que fantasmagorique. Ken Loach opte ainsi pour la fable optimiste, à la manière d’un Frank Capra.

Avec Eric Cantona, Steve Evets, Stephanie Bishop, ...
Année de production : 2008












